Le Chantier du Guip - mai 2015

Le chantier du Guip, acteur et ambassadeur de la vie portuaire brestoise.

En accueillant le 26 mars dernier l’UMBR (Union maritime de Brest et de sa région) qui voulait marquer ses trente ans d’existence, le Chantier du Guip affirmait, s’il en était besoin, son appartenance pleine et entière à la communauté maritime brestoise. Cela n’empêche pas le chantier d’intervenir parfois loin de ses bases. Tout récemment, les équipes de charpentiers ont effectué deux interventions sur des yachts classiques en Méditerranée.

 

La première a eu lieu sur Morwenna. La goélette aurique de 16,80 m, plans Linton Hope de 1914, avait fait l’objet d’une restauration globale au chantier après d’importantes recherches historiques. « L’une de nos restaurations les plus abouties », commentait Yann Mauffret au moment de sa remise à l’eau en 2013, avant que la goélette parte rejoindre Antibes, son port d’attache. C’est là que les charpentiers brestois sont allés opérer l’entretien courant et quelques réglages sur le bateau.

 

L’autre intervention concerne Sonny, à Minorque. Ce sloop marconi de 15,60 m a été conçu par German Frers Senior en 1930 et construit à Buenos Aires avec le soutien financier de son cousin Guevara (le père du Che !) qui avait des parts dans le chantier. Commandé par l'ancien président argentin, Jose Figueroa Alcorta, il a été construit avec des essences de bois précieux d'Amérique du Sud et mis à l'eau en 1935.
Récemment restauré en Argentine, le bateau a subi quelques avaries lors d’un coup de vent aux Baléares (cale-pieds, plat-bord) et a fait appel au chantier du Guip pour réparer.


Le Général Leclerc remis à l’eau le 14 juillet

 


11,40 m de coque, 4,05 m de large pour un poids de 15 tonnes : après toute une carrière de drague à la coquille en rade de Brest jusqu’en 1973, le Général Leclerc a pu revivre en plaisance grâce à l'association Lenn Vor mais sa structure était bien fatiguée, nécessitant une restauration quasi totale au chantier. La structure axiale est aujourd’hui terminée, reste à s’attaquer aux membrures et aux varangues du coquiller, dont la coque s’était déformée avec le temps. Tout est mis en œuvre pour que le bateau soit remis à l’eau le 14 juillet au Tinduff. Un lancement à l’ancienne sur glissières en bois qui donnera lieu, n’en doutons pas, à une jolie fête au fond de la Rade.

Les travaux ont commencé sur le Patron François Morin

 

 

Construit au chantier Lemaistre à Fécamp en 1959 et mis en service en 1960, le Patron François Morin est un ancien bateau de la SNSM. En 35 ans de carrière à la station d’Ouessant, il a assuré 198 sorties de sauvetage (dont celui de l'Amoco Cadiz) et 250 transports sanitaires. Pour les îliens, ce bateau a ainsi constitué pendant des décennies un lien parfois vital avec le continent.
Doté d'une double coque aux bordés croisés en acajou, insubmersible, « ce canot tout temps » est un chef-d'œuvre de la construction navale : feuilles de cuivre rivetées sur le vaigrage jusqu’à la flottaison, premier bordage, entoilage puis second bordage, système de caissons étanches… On comprend mieux pourquoi le canot, victime d’une avarie sur une roche en faisant route vers le chantier, a repris sa route sans peine malgré un trou de 30 cm dans la coque !
Le bateau est au chantier pour une restauration globale qui devrait s’achever cette année
Rappelons que le Patron François Morin possède le label BIP (Bateau d'intérêt patrimonial) de la Fondation du patrimoine maritime et fluvial depuis 2008 et fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis septembre 2010.

Sortie de chantier de la Belle-Poule

 

 

Le 22 janvier dernier, la goélette Belle-Poule de la Marine nationale est entrée au bassin 19 de l’ancienne base des sous-marins de Brest pour un « arrêt technique majeur ». Ces arrêts de 5 mois, tous les quatre ans, permettent de maintenir la goélette en excellent état, malgré son bel âge (83 ans).
Celui de 2015 a permis en particulier la réfection totale du rouf passerelle datant de 1975, le remplacement du matériel de navigation, le changement d’un groupe électrogène et la refonte complète du compartiment machine (remplacement des caisses à gazole, de la chaudière, des réseaux fluides et électriques, isolation phonique). Au niveau charpente marine, certaines lisses, jambettes, barrots et lames de pont ont  été remplacés. La mature bénéficie d’une nouvelle vergue de hunier fixe et d’une nouveau pic pour la grand-voile.
Au total, ce sont plus de 200 lignes de travaux qui ont été traitées, sous la houlette du SSF (Service de Soutien de la Flotte), par le Chantier du Guip, l’entreprise Navtis, le service logistique de la marine et l’équipage.
À l’issue de cette période d’entretien, la Belle-Poule est de nouveau opérationnelle pour reprendre sa mission de formation maritime et d’entraînement des officiers, officiers-mariniers et élèves des différentes écoles de la Marine. Elle représentera également la France dès cet été lors de la 1e étape de la Tall Ships Race 2015 entre Belfast (Irlande du Nord) et Alesund (Norvège). Après une escale aux Iles Féroé, la goélette rejoindra l’Islande pour entretenir ses relations historiques bilatérales. Elle relâchera enfin en Écosse avant un retour sur Brest prévu mi-août. Un beau programme en perspective !

Runa, la saga continue

 

 

Les « Runa », sept yachts dus au crayon de l'architecte danois Gerhard Rønne dans les années 1910-1920, ont donné lieu à une véritable saga depuis qu’un passionné, Yves Carcelle, s'est mis en tête de les retrouver et de les restaurer. L'historien Jacques Taglang raconte l'aventure de ces bateaux dans son livre La Saga des Runa.

 

 

Les deux unités restaurées par le chantier du Guip, partent rejoindre leur programme d’été : Runa IV, yawl aurique de 15 m hors-tout, était présent à la Semaine du Golfe du 11 au 17 mai derniers.
Quant à Runa VI, gréé en cotre aurique, il entame sa saison en Méditerranée, autant de rendez-vous de la Belle Plaisance : Régates Royales de Cannes et Voiles de Saint-Tropez notamment.

 



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